Première mondiale : le CHRU de Tours administre un vaccin nasal contre la COVID-19 chez l'homme

Première mondiale : le CHRU de Tours administre un vaccin nasal contre la COVID-19 chez l’homme

Le CHRU de Tours marque l’histoire de la médecine en devenant pionnier dans l’administration d’un vaccin nasal contre la COVID-19. Cette avancée majeure pourrait transformer notre approche de la vaccination et offrir une protection plus efficace contre le virus. Développé par la start-up tourangelle Lovaltech, ce vaccin innovant entre désormais dans sa phase d’essai clinique chez l’homme, une première mondiale qui positionne la France à l’avant-garde de la vaccination nouvelle génération.

Une innovation révolutionnaire dans la lutte contre la COVID-19

Cinq ans après le début de la pandémie mondiale, le CHRU de Tours et l’ANRS – Maladies infectieuses émergentes franchissent une étape décisive avec le lancement de l’essai clinique MUCOBOOST. Cette autorisation, accordée par l’Agence Nationale de Sécurité du médicament et le Comité de Protection des Personnes, représente une avancée significative dans la stratégie vaccinale contre la COVID-19.

Le vaccin développé par Lovaltech se démarque grâce à son mode d’administration sous forme de spray nasal. Cette approche présente plusieurs avantages considérables :

  • Réduction de l’appréhension liée aux aiguilles
  • Meilleure acceptation par les populations, notamment les enfants
  • Potentiel de bloquer la transmission interhumaine du virus
  • Protection efficace contre tous les variants connus

Contrairement aux vaccins intramusculaires actuels, ce vaccin nasal cible directement les muqueuses respiratoires, première ligne de défense contre les infections respiratoires. Cette approche pourrait considérablement améliorer notre capacité à contrôler l’épidémie de COVID-19 en stimulant une immunité locale plus robuste, là où le virus pénètre dans l’organisme.

Comme l’explique Patrick Barillot, Président et co-fondateur de Lovaltech : « Cette innovation représente une opportunité stratégique pour repenser la vaccination, améliorer la couverture immunitaire et faire face aux futurs défis sanitaires mondiaux. » Des propos qui soulignent l’importance de cette avancée qui pourrait, à terme, transformer radicalement notre approche des objectifs de santé publique face aux maladies infectieuses.

Les étapes clés du processus d’essai clinique

L’essai clinique MUCOBOOST se déroulera en plusieurs phases rigoureusement planifiées. La première phase, qui débutera fin avril 2025 au Centre d’Investigation Clinique du CHRU de Tours, mobilisera 36 volontaires âgés de 18 à 55 ans en bonne santé. Ces participants seront répartis en trois groupes de 12 personnes pour évaluer différents niveaux de dosage du vaccin.

Le protocole comprend huit visites échelonnées sur douze mois, incluant une évaluation initiale, l’administration du vaccin et six visites de suivi avec prélèvements biologiques. L’objectif principal est d’évaluer la tolérance et la réponse immunitaire pour déterminer le dosage optimal à utiliser dans la phase suivante. Les premiers résultats sont attendus à l’automne 2025.

La deuxième phase, prévue pour 2026 au CIC Cochin-Pasteur à Paris, impliquera 202 volontaires répartis dans cinq centres du réseau I-Reivac (Tours, Cochin, Saint-Etienne, Lyon et Dijon). Cette collaboration étendue vise à valider la supériorité du vaccin nasal par rapport aux vaccins à ARNm en termes d’induction d’une réponse immunitaire locale.

Phase Période Participants Objectifs
Phase I Avril-Automne 2025 36 volontaires Évaluation de la tolérance et détermination du dosage optimal
Phase II 2026 202 volontaires Comparaison avec les vaccins à ARNm et durée de protection

Mathilde-Sigaud-Fils, Directrice de la Recherche et de l’Innovation au CHRU de Tours, souligne : « Avec MUCOBOOST, la Direction de la Recherche clinique et de l’Innovation du CHRU de Tours et son Centre d’Investigation Clinique attestent leur maturité et l’excellence de leur expertise dans la promotion des essais cliniques de phase 1. »

Les avantages de la vaccination par voie nasale

Le principe du vaccin nasal repose sur une approche immunologique différente des vaccins conventionnels. Les vaccins actuels, administrés par voie intramusculaire, induisent une réponse immunitaire systémique qui circule dans tout l’organisme via le sang. Bien qu’efficace, cette méthode ne permet pas une concentration optimale de cellules immunitaires dans les voies respiratoires.

En revanche, la vaccination par voie nasale cible précisément la porte d’entrée du virus, activant directement les cellules immunitaires des muqueuses nasales. Cette stratégie présente un avantage décisif : elle permet d’intercepter le virus dès son entrée dans l’organisme, avant même qu’il ne puisse se multiplier et se propager. Le système immunitaire n’a plus à « courir » après le virus déjà disséminé.

Ce vaccin nasal est le fruit d’un long processus de recherche initié par l’équipe BioMAP au sein de l’unité mixte de recherche « Infectiologie et Santé Publique » (INRAE et Université de Tours). Le projet a mobilisé un financement total de 17 millions d’euros depuis 2022, témoignant de l’importance stratégique accordée à cette innovation.

Isabelle Dimier-Poisson, Professeure des Universités en immunologie et co-fondatrice de Lovaltech, explique que les résultats obtenus lors des études précliniques sont particulièrement encourageants. Les tests ont démontré que le vaccin, qui contient la protéine Spike et la nucléoprotéine non soumise à mutation, offre des perspectives positives pour l’avenir, à l’image d’un horoscope favorable annonçant des changements bénéfiques.

Vers des applications plus larges pour la technologie vaccinale

L’ambition de Lovaltech ne s’arrête pas à la COVID-19. La plateforme technologique développée pourrait s’appliquer à de nombreuses autres maladies respiratoires et infectieuses. La professeure Dimier-Poisson précise : « Nous avons développé une plateforme qui a la capacité d’identifier et de développer en moins d’un mois la protéine qui sera intégrée dans de futurs vaccins compte tenu des pathogènes sur lesquels on va travailler. »

Cette capacité d’adaptation rapide ouvre des perspectives prometteuses pour lutter contre :

  1. La grippe saisonnière, particulièrement virulente ces dernières années
  2. Des vaccins bivalents COVID-19/Grippe
  3. Des vaccins trivalents incluant la bronchiolite
  4. Le paludisme, avec des résultats préliminaires encourageants
  5. Potentiellement, les allergies et certains cancers digestifs

Si les phases cliniques I et II confirment les attentes, le développement du vaccin pourrait être confié à un groupe pharmaceutique pour une dernière phase clinique et une mise sur le marché prévue à l’horizon 2027-2028. Cette innovation française pourrait ainsi transformer durablement le paysage mondial de la vaccination.

Floriane Rivière, Directrice Générale du CHRU de Tours, a salué cette « collaboration exceptionnelle avec les acteurs de la recherche du territoire », soulignant l’importance de l’écosystème d’innovation français. Ce projet confirme qu’il est possible de développer des technologies de pointe en France et en région, renforçant la position du pays comme leader dans les biotechnologies et l’innovation en santé.

Le développement de ce vaccin nasal représente bien plus qu’une simple avancée médicale – c’est une véritable révolution dans notre approche de la vaccination et de la prévention des maladies infectieuses, dont les bénéfices pourraient s’étendre bien au-delà de la COVID-19.

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