Chaque kilomètre parcouru sur les routes vietnamiennes m’a offert une nouvelle surprise. Je me souviens encore de cette matinée brumeuse où, roulant vers Sapa, j’ai dû m’arrêter net face à un troupeau de buffles traversant paisiblement la route. Le conducteur local derrière moi a simplement souri en me faisant signe d’être patient. Ce moment résume parfaitement l’esprit du road trip au Vietnam : imprévisible, authentique et inoubliable. Voici comment organiser votre propre aventure sur les routes de ce pays intéressant.
Planifier votre itinéraire idéal à travers le Vietnam
La première question qui se pose pour tout road trip au Vietnam concerne la durée et l’itinéraire. Pour une expérience complète, trois semaines représentent la durée optimale. Cela vous permet d’analyser les trois régions principales sans précipitation.
Si vous ne disposez que de deux semaines, je vous conseille de vous concentrer sur deux régions. Le nord et le centre offrent une combinaison parfaite entre paysages montagneux spectaculaires et villes chargées d’histoire. J’ai fait ce choix lors de mon premier voyage et je n’ai pas regretté une seconde.
Pour un mois entier, vous pourrez étudier en profondeur chaque région et même ajouter des destinations moins connues comme Con Dao ou Phu Quoc. Voici un exemple d’itinéraire sur trois semaines :
- Nord (7 jours) : Hanoi, Ninh Binh, Baie d’Halong, Sapa ou Ha Giang
- Centre (8 jours) : Hué, Hoi An, Da Nang, col des Nuages, Da Lat
- Sud (6 jours) : Ho Chi Minh-Ville, Delta du Mékong
La boucle de Ha Giang reste mon expérience la plus mémorable. Quatre jours à moto sur des routes montagneuses offrant des panoramas à couper le souffle, des rencontres avec les minorités ethniques et un sentiment de liberté incomparable. Si vous êtes à l’aise en deux-roues, ne passez pas à côté.
Pour pleinement profiter des paysages naturels, prévoyez des étapes dans ces incontournables :
| Région | Site naturel | Temps recommandé |
|---|---|---|
| Nord | Baie d’Halong | 1-2 jours |
| Nord | Ninh Binh (Baie d’Halong terrestre) | 2 jours |
| Centre | Col des Nuages (Hai Van Pass) | 1 jour |
| Centre | Grottes de Phong Nha | 2 jours |
| Sud | Delta du Mékong | 2-3 jours |
Choisir le moyen de transport idéal pour votre aventure
Le choix du transport définira votre expérience de road trip. Pour moi, la moto ou le scooter reste le moyen le plus immersif. J’ai loué un scooter automatique 125cc pour chercher le nord, et cette décision a transformé mon voyage. Se faufiler entre les rizières en terrasses, s’arrêter à volonté pour photographier un paysage ou discuter avec des locaux… impossible avec un autre mode de transport.
Pourtant, la conduite au Vietnam demande une certaine expérience. Les routes montagneuses peuvent être dangereuses et le trafic chaotique en ville. Si vous n’êtes pas à l’aise, des alternatives existent :
Les bus de nuit équipés de couchettes relient efficacement les grandes villes. J’ai pris celui entre Hanoi et Hué, et malgré la climatisation glaciale (prévoyez un pull !), j’ai plutôt bien dormi. Astuce : demandez toujours une couchette au niveau inférieur pour plus de confort.
Le train est une alternative plus confortable et sécuritaire que les bus pour les trajets de nuit. La ligne ferroviaire qui longe la côte offre des panoramas magnifiques, particulièrement entre Da Nang et Hué.
Si vous voyagez en famille, la voiture avec chauffeur représente l’option la plus pratique. Les touristes étrangers ne peuvent pas conduire de voiture au Vietnam, mais les tarifs des chauffeurs privés restent raisonnables (environ 70-100€ par jour).
Pour les deux-roues, Riderly propose des contrats avec assurance, un vrai plus. L’essence coûte environ 1€ le litre et vous la trouverez facilement même dans les zones reculées – souvent vendue dans des bouteilles en verre au bord des routes.
Vivre des expériences authentiques sur les routes vietnamiennes
Un road trip au Vietnam va bien au-delà des simples déplacements. C’est l’occasion de s’immerger dans une culture riche et accueillante. Ma rencontre la plus mémorable? Une panne de scooter près d’un village Hmong, qui s’est transformée en invitation à partager un repas familial et à découvrir leurs traditions.
Ne manquez pas ces expériences qui font toute la différence :
- Dormir en homestay dans les villages ethniques autour de Sapa ou Ha Giang
- Participer au lâcher de lanternes lors de la pleine lune à Hoi An
- Naviguer en kayak dans les grottes de la Baie d’Halong
- Suivre un cours de cuisine vietnamienne à Hoi An
- Visiter les marchés flottants du Delta du Mékong à l’aube
Si votre voyage coïncide avec le Têt (Nouvel An lunaire), vous aurez la chance d’assister aux célébrations les plus importantes du calendrier vietnamien. J’y étais en 2019, et l’ambiance festive, les décorations rouges et dorées partout, et la générosité des locaux m’ont profondément marqué. Attention par contre : pendant cette période (généralement fin janvier-début février), de nombreux commerces ferment et les transports sont bondés.
Pour un budget quotidien, prévoyez environ 55-60€ par personne en voyage indépendant. Mes dépenses se répartissaient généralement ainsi : 15€ pour l’hébergement, 15€ pour les repas, 15€ pour les transports et entrées, et 10-15€ pour les extras. Le Vietnam reste l’une des destinations aux meilleurs rapports qualité-prix en Asie du Sud-Est.
Les conseils d’un voyageur aguerri pour un road trip réussi
Après plusieurs périples sur les routes vietnamiennes, j’ai appris quelques leçons précieuses. Initialement, ne surchargez pas votre itinéraire. Les distances paraissent courtes sur la carte, mais les routes sinueuses et le trafic imprévisible ralentissent considérablement votre progression. Prévoyez toujours une marge confortable.
Pour les formalités, l’e-visa (25-30$ pour 30 jours) est obligatoire pour les séjours supérieurs à 15 jours. Assurez-vous que votre passeport est valide au moins 6 mois après votre date de retour.
Côté santé, les vaccins contre l’hépatite A et B, la rage, la typhoïde et l’encéphalite japonaise sont recommandés. L’eau du robinet n’est pas potable, optez pour des bouteilles scellées ou une gourde avec filtre.
La meilleure période pour parcourir l’ensemble du pays s’étend de novembre à avril. Si vous vous concentrez sur le nord, évitez décembre-février (froid et brumeux). Pour le centre et le sud, la saison sèche (novembre-avril) offre des conditions idéales.
Enfin, gardez toujours votre calme sur la route et adoptez le rythme local. Mon premier jour de conduite à Hanoi a été stressant jusqu’à ce que je comprenne la « danse » du trafic vietnamien : fluide, sans agressivité, où chacun trouve sa place naturellement. Une fois ce principe intégré, même les carrefours les plus chaotiques deviennent navigables!


